Un déremboursement qui fait grincer des dents

08 septembre 2026
soin dentaire

À partir du 1er janvier 2027, l’Assurance maladie réduira sa prise en charge de certains soins dentaires. Le taux de remboursement passera de 60 % à 50 % du tarif conventionnel pour les actes concernés.

Cette mesure, prévue par le décret du 21 août 2026, représente avant tout un transfert de charges vers les complémentaires santé. Mais les mutuelles sont financées par les cotisations des assurés : ce qui n’est plus pris en charge par l’Assurance maladie risque donc de se traduire par des cotisations plus élevées ou un reste à charge accru.

 

Attention au renoncement aux soins

Pour l'AFOC, cette évolution est préoccupante. Les soins dentaires courants ne doivent pas devenir une dépense que certains ménages reportent faute de moyens.

Une carie ou une infection non traitée peut entraîner des soins plus importants et plus coûteux. Réduire le remboursement aujourd’hui risque ainsi de coûter davantage demain.

Le dispositif 100 % Santé dentaire continuera de protéger certains actes, notamment certaines prothèses, mais il ne concerne pas l’ensemble des soins dentaires.

 

Une économie pour l'Assurance maladie, une dépense pour les ménages

Le gouvernement présente cette évolution comme un transfert vers les organismes complémentaires. Mais il ne faut pas oublier que les complémentaires santé sont elles-mêmes financées par les cotisations des assurés. Ce qui n'est plus payé par l'Assurance maladie n'est donc pas gratuit.

À terme, cette hausse des dépenses supportées par les mutuelles peut se traduire par une augmentation des cotisations, des modifications de garanties ou une limitation de certaines prises en charge.

C'est particulièrement préoccupant dans un contexte où le coût des complémentaires santé pèse déjà lourdement sur le budget des ménages.

Pour les personnes disposant de revenus modestes, pour les retraités ou pour ceux qui ne bénéficient pas d'une couverture complémentaire suffisamment protectrice, chaque euro supplémentaire peut devenir un obstacle à l'accès aux soins.

Pour l'AFOC, la véritable priorité devrait être de renforcer la prévention, de lutter contre le renoncement aux soins et de garantir à chacun l'accès aux traitements nécessaires, plutôt que de déplacer progressivement la charge financière vers les ménages.