À partir du 19 juin 2026, de nouvelles règles entreront en vigueur pour mieux protéger les consommateurs face à la vente à distance de services financiers : assurances, crédits, placements, produits d’épargne ou encore abonnements bancaires conclus par téléphone ou sur internet.
Pour l’AFOC, cette évolution va dans le bon sens. Depuis des années, les consommateurs dénoncent des pratiques commerciales agressives, des souscriptions réalisées trop rapidement, des informations illisibles et des démarchages parfois proches de la manipulation.
Des pratiques devenues incontrôlables
Qui n’a jamais reçu un appel insistant pour une assurance “indispensable”, un crédit “immédiat” ou une offre bancaire “exceptionnelle” ?
Le développement massif des ventes en ligne et du démarchage téléphonique a favorisé certaines dérives :
- contrats souscrits sans réelle compréhension ;
- informations essentielles noyées dans des dizaines de pages ;
- interfaces internet conçues pour pousser à cliquer vite ;
- difficultés pour exercer son droit de rétractation ;
- pression commerciale permanente.
Les consommateurs les plus fragiles — personnes âgées, ménages modestes, personnes peu à l’aise avec le numérique — sont souvent les premières victimes.
Ce qui change concrètement
Les nouvelles dispositions imposeront plusieurs obligations importantes aux professionnels. Parmi les principales avancées :
Un droit de rétractation plus simple
Les consommateurs devront pouvoir se rétracter facilement lorsqu’un contrat est souscrit en ligne. Les entreprises devront mettre en place des dispositifs clairs, accessibles et gratuits.
Une meilleure information avant signature
Les professionnels devront fournir des explications plus compréhensibles sur :
- le coût réel du service ;
- les risques éventuels ;
- les conditions du contrat ;
- les modalités de réclamation ;
- les conséquences financières pour le consommateur.
La lutte contre les “interfaces manipulatrices”
Les sites internet ne pourront plus utiliser certains procédés destinés à influencer ou piéger les consommateurs : boutons trompeurs, cases précochées, parcours compliqués pour refuser une offre ou annuler un contrat.
Un encadrement renforcé du téléphone
Lorsqu’un contrat est conclu par téléphone, un second accord explicite pourra être exigé pour éviter les engagements pris sous pression.
Une avancée… mais la vigilance reste indispensable
Pour l’AFOC, ces nouvelles règles constituent une amélioration utile, mais elles ne suffiront pas à elles seules à faire disparaître les abus.
Les grands groupes financiers disposent de moyens considérables pour influencer les comportements d’achat. Les techniques commerciales évoluent vite, notamment avec l’intelligence artificielle, les algorithmes et le ciblage publicitaire.
La protection des consommateurs passera donc aussi par :
- des contrôles réellement dissuasifs ;
- des sanctions fortes contre les pratiques abusives ;
- une meilleure éducation financière ;
- un accompagnement des consommateurs les plus vulnérables.
L’AFOC aux côtés des consommateurs
Face aux contrats complexes et aux démarches parfois opaques, l’AFOC continuera à informer, conseiller et défendre les consommateurs.
Avant de signer un contrat financier :
- prenez le temps de comparer ;
- exigez des explications écrites ;
- méfiez-vous des offres “urgentes” ;
- ne communiquez jamais vos données bancaires sous pression ;
- utilisez systématiquement votre droit de rétractation en cas de doute.
Les consommateurs ne doivent pas être des cibles commerciales faciles. Ils ont droit à une information claire, à des choix libres et à une véritable protection.