Vente de biens d’occasion : bon plan ou arnaque ?

19 Janvier 2026
brocante

Alors que la consommation durable et l’économie circulaire gagnent du terrain, les services de la répression des fraudes (DGCCRF) ont dressé fin 2025 un bilan nuancé de leurs enquêtes menées en 2024 sur la vente de biens d’occasion par les professionnels, le reconditionné et les allégations « vertes ». Si l’essor de la « seconde vie » des produits est réel, les manquements relevés appellent à la vigilance des consommateurs comme des professionnels.

 

Un marché en forte mutation

 

L’idée même de donner une seconde vie à des produits — via l’occasion, le reconditionné ou la remise à neuf — s’inscrit pleinement dans la transition vers des modes de consommation plus durables.

 

Derrière cette mutation, le défi est double : permettre aux consommateurs d’accéder à des produits fiables à moindre coût tout en évitant que des pratiques trompeuses ou incertaines ne freinent le développement de ce marché.

 

Des contrôles renforcés mais des résultats contrastés

 

La DGCCRF, en 2024, a contrôlé quelque 64 979 établissements et sites Internet. Les anomalies relevées restent nombreuses. Parmi les manquements identifiés :

  • Une information souvent insuffisante ou indifférente pour le consommateur quant à l’état réel du produit reconditionné ou d’occasion : historique d’utilisation, capacité restante (pour une batterie de smartphone, par exemple), garantie légale…
  • Des allégations environnementales ou de « seconde vie » qui floutent la réalité : « remis à neuf », « comme neuf », « reconditionné certifié », sans justification technique ou sans transparence sur les intervenants.
  • Une confusion entre différentes notions (neuf, reconditionné, occasion) qui peut tromper le consommateur et altérer la confiance dans ce type de marché.

 

Un frein pour le développement de l’économie durable

Le potentiel de ce marché est indéniable : prolonger la durée de vie des produits, réduire la consommation de matières premières, limiter les déchets. Mais pour que ce potentiel se réalise pleinement, la confiance doit être au rendez-vous. Si les consommateurs ont le sentiment d’être moins bien informés ou plus vulnérables, cela peut retarder leur adhésion à ces solutions. L’un des risques est que des professionnels peu scrupuleux entravent cette dynamique par des pratiques trop floues ou non conformes.

 

Conseils aux acheteurs

L’Afoc rappelle aux  consommateurs quelques recommandations importantes  :

  • Vérifier que le vendeur mentionne clairement l’état du produit (reconditionné, d’occasion), les conditions de vente, la garantie, et que les caractéristiques sont explicites.
  • Exiger une information sur la durée et les conditions de la garantie légale (2 ans en France pour les biens de consommation).
  • Se méfier des termes marketing trop génériques liés à l’environnement ou à la seconde vie, sans justification technique ou sans traçabilité.
  • Conserver les documents de vente, devis/facture avec mention de « reconditionné » ou « seconde vie », pour pouvoir faire valoir ses droits en cas de difficulté.

 

Pour l’Afoc, le bilan de la DGCCRF sur la seconde vie des produits met en lumière un marché en pleine montée — mais encore fragile faute de pratiques uniformes et transparentes. Pour que l’économie circulaire ne demeure pas un simple slogan, il faudra que les consommateurs restent vigilants, que la transparence soit la règle, et que l’encadrement se renforce. Dans cette transition, chaque produit qui retrouve une nouvelle vie doit le faire dans la confiance — et c’est de cette confiance que dépend l’avenir de ce marché.