Dans un rapport publié début avril, la Cour des comptes révèle que les aides massives de l'État pour l'achat de véhicules électriques ont avant tout profité aux ménages les plus aisés. Face à cette écologie à deux vitesses, l'Afoc dénonce un système profondément injuste et demande au Gouvernement de recentrer ces subventions vers les ménages modestes et la classe moyenne.
Alors que l'État a mobilisé près de 9,4 milliards d'euros entre 2018 et 2024 pour encourager l'achat de voitures électriques, le bilan tiré par la Cour des comptes est sans appel : les aides manquent cruellement de ciblage et d'efficacité sociale. Selon les magistrats, 56 % des véhicules soutenus et 33 % des montants d'aides ont concerné les ménages situés entre le 6e et le 10e décile de revenus, c'est-à-dire les plus favorisés.
Pour l'Afoc, ce constat n'est malheureusement pas une surprise, mais une confirmation révoltante de ce que nous dénonçons depuis des années : l'argent public finance trop souvent le confort des foyers qui auraient souvent pu s'équiper sans aide, tandis que les ménages populaires et les classes moyennes restent sur le bord de la route.
Aujourd'hui, l'accès à la mobilité propre ressemble à un parcours d'obstacles pour une majorité de Français :
- Un reste à charge insurmontable : Même avec un bonus écologique (ou la prime "Coup de pouce"), le prix d'achat d'un véhicule électrique neuf reste prohibitif pour un budget moyen.
- L'exclusion des centres-villes : Faute de moyens pour changer de véhicule, les foyers modestes sont contraints de conserver leurs vieux modèles thermiques et subissent de plein fouet les restrictions de circulation des Zones à Faibles Émissions (ZFE).
Nos revendications pour une mobilité accessible à tous
Nous ne pouvons plus tolérer que la transition écologique se fasse au détriment de la justice sociale. L'Afoc demande :
- Le recentrage exclusif des aides à l'achat : Les primes à l'acquisition doivent être strictement réservées aux ménages des 5 premiers déciles de revenus et aux classes moyennes inférieures.
- La pérennisation et l'élargissement du "leasing social" : Ce dispositif de location à bas coût doit être simplifié et doté d'une enveloppe budgétaire à la hauteur des besoins réels des travailleurs.
- Le développement d'un marché de l'occasion électrique : L'État doit créer des aides spécifiques pour l'achat de véhicules électriques de seconde main, bien plus accessibles pour les petits budgets.
- Des solutions de financement à taux zéro : pour couvrir le reste à charge sans étrangler les familles, des prêts à taux zéro garantis par l'État doivent être généralisés.