17 septembre 2017
Informations pour les patients en traitement avec le LEVOTHYROX
L'action des patients, victimes de la nouvelle formule, finit par payer !

Le Lévothyrox est un médicament contre les troubles de la thyroïde. Tout commence en 2012, lorsque l'ANSM demande aux laboratoires Merck de modifier sa formule pour remédier à un léger surdosage. Le laboratoire modifie les "excipients, des ajouts chimiques qui servent à renforcer et stabiliser le produit central". En mars 2017, le nouveau Levothyrox, est mis sur le marché sans qu'aucun dispositif de surveillance ne soit mis en place malgré les 3 millions de patients français concernés. Très vite, arrivent les premiers signalements de victimes, qui supportent mal la nouvelle composition. Ce médicament dont le dosage doit être très précis serait à l'origine de nombreux effets secondaires (problèmes digestifs, ballonnements, bouffées de chaleur, douleurs musculaires, maux de tête, vertiges…).

Dans un premier temps, l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) n'aurait pas prêté beaucoup d'attention aux réactions pourtant nombreuses. Ce n'est qu'après la mise en place d'une pétition signées par plus de 170.000 victimes qu'un numéro vert ( 0 800 97 16 53) est mis en place mais très rapidement saturé par les appels. Alors que, tous médicaments confondus, le site signalement « sante.gouv.fr »- ouvert aux médecins et usagers pour déclarer tout effet indésirable - reçoit en moyenne entre 20 à 50 signalements chaque jour, les déclarations depuis la mi-août, liées au Levothyrox, montent à 140/jour, jusqu'à un pic de 1 000 à 1 200 les 23 et 24 août.

Une patiente vient de porter plainte contre le laboratoire Merck pour « mise en danger de la vie d'autrui". La motivation de la plaignante est la non information du changement de formule, sans mention par exemple dans la notice du médicament.

Dominique Martin, directeur général de l'ANSM a déclaré que la cause précise de ces effets indésirables n'est pas à ce jour élucidée, qu'aucun cas grave n'a à ce jour été signalé et qu'une enquête de pharmacovigilance est en cours, dont les premiers résultats ne devraient pas être connus avant octobre 2017. L'ANSM ne nie pas la gêne occasionnée pour les patients. Mais elle la minimise, considérant que la plupart des troubles observés seraient transitoires et liés au passage d'une formule à une autre L'ANSM conseille donc aux personnes souffrantes de consulter un médecin traitant. Convaincu du bienfait de la nouvelle formule, l'ANSM se refuse à "revenir à une situation antérieure, de moindre qualité". Elle souligne l'existence, à l'époque déjà, d'effets secondaires "liés à cette instabilité dans le temps". Cependant, en date du 15 septembre, face aux réactions des patients en souffrance il est annoncé que l'ancienne formule sera à nouveau disponible fin septembre.

Il est évident que l'ANSM a mis du temps pour reconnaitre "un défaut d'information" à destination des patients et que les informations qu'elle distille ne rassurent pas du tout les victimes.

Enfin on a vu apparaitre un effet collatéral de cette pénurie d'informations : face aux effets indésirables de la nouvelle formule, des patients ont choisi un traitement de substitution, sous forme de gouttes, principalement destiné aux enfants, la L-Thyroxine mais dont les stocks ne sont pas suffisants pour tous, au risque de nuire aux enfants dont cette formule est la seule façon de les traiter.

Bien que non agréée « santé » l'AFOC tenait à relayer auprès des patients utilisateurs du Levothyrox les informations dont elle dispose, même si celles-ci sont encore très largement éparses et incomplètes.

Dossier à suivre donc avec la plus grande vigilance…



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